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Robyn Doolittle s’est d’abord fait connaître du grand public au Toronto Star, où elle a contribué à révéler le scandale du crack entourant le maire Rob Ford. Ce tournant majeur dans sa carrière lui a valu un contrat d’édition rapide et a mené à la publication du succès de librairie canadien Crazy Town: The Rob Ford Story. Peu de temps après sa sortie, elle a rejoint l’équipe du Globe and Mail en tant que journaliste d’enquête, continuant initialement à couvrir le dossier Rob Ford avant de se pencher sur des scandales de moindre envergure. Puis, le 3 février 2017, sa série de reportages Unfounded (Non fondées) a fait la une du journal. Le titre fait référence au terme juridique utilisé pour désigner les affaires d’agression sexuelle rejetées parce que les enquêteurs ont déterminé qu’aucun crime n’avait été commis. Au cours de cette enquête de 20 mois dirigée par Robyn Doolittle, Le Globe and Mail a recueilli des données auprès de plus de 870 services de police, représentant 92 % de la population du pays. Il a été révélé que la police classe environ une agression sexuelle sur cinq comme « non fondée » — et que ces plaintes ne sont pas signalées à Statistique Canada, ce qui donne une fausse impression de l’ampleur du problème. L’enquête a également mis au jour de graves lacunes dans le traitement de ces dossiers. Le résultat du travail de Robyn Doolittle ? Plusieurs corps policiers se sont engagés à réexaminer leurs dossiers classés non fondés, Statistique Canada a annoncé qu’il recommencerait à les comptabiliser, les politiciens ont promis d’allouer davantage de fonds à la lutte contre ces crimes — et une conversation nationale sur les agressions sexuelles a été amorcée.